Jacques-Antoine Manuel (1775-1827)

Jacques-Antoine Manuel est né le 10 décembre 1775 au hameau de la Conchette, près de Barcelonnette, dans la vallée de l'Ubaye. Il est membre d'une famille de magistrats de la vallée. Il a de nombreux frères et sœurs.
Après l'équivalent de l'école primaire passé dans la vallée, il est placé au couvent des Doctrinaire, à Nîmes. Cependant, malgré de bons résultats, il arrêta ses études jeunes, à 14 ans.
Après son temps de service dans l'armée révolutionnaire, il partit travailler quelque temps en Italie, comme marchand chez un membre de sa famille.
Il trouva peu après sa vocation : avocat, métier dans lequel il excella. D'abord au tribunal de Digne, dans le département des Basses-Alpes. Puis en 1798, il eut un poste à la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence, où il se fit une réputation et une petite fortune. Il intégra la société mondaine de la ville, et poursuivit son ascension jusqu'en 1811 où il fut élu au Conseil de l'Ordre.

En 1793 il s'enrôla dans l'armée. Il fut intégré à l'armée d'Italie, et son courage lui valut de devenir officier. Il participa notamment à la fameuse bataille du Pont d'Arcole, sous le commandement de Bonaparte. Cependant, peu après, il fut blessé et dû être rendu à la vie civile.

Son travail d'avocat réputé l'amena à s'intéresser à la politique, mais sans intention d'y participer. En 1815, il fut élu député des Basses-Alpes malgré lui, mais finit par l'accepter. Cette première expérience fut courte, la Chambre ayant été dissoute. Il eut des difficultés car il était pour que Napoléon II succède à son père, et non Louis XVIII. Il repris alors son travail d'avocat mais à Paris.
En 1818, il fut réélu député, mais étrangement non des Basses-Alpes, mais du Finistère et de Vendée. Il se rallia alors à Louis XVIII, mais en tant que libéral, désireux de préserver toutes les conquêtes politiques et sociales de la Révolution. Grand orateur, ses opinions lui valurent beaucoup d'ennemis parmi les députés ultras. Il devint l'ami du libéral Louis-Adolphe Robin-Morhéry.
Réélu député de Vendée en 1820 et 1823, les députés ultra demandèrent son exclusion le 27 février 1823. En effet, ce jour là il prononça un discours sur l'expédition d'Espagne, dans lequel certains virent une justification de la déchéance de Louis XVI en 1792, par comparaison avec la situation du roi d'Espagne en 1823. Bien que se défendant d'un tel but, Manuel fut officiellement expulsé de la Chambre. Bravant sa déchéance, il revint le lendemain. Il prononça alors sa fameuse phrase :
"Mr le Président, j'ai annoncé hier que je ne céderais qu'à la violence, aujourd'hui je viens tenir ma parole".
Il fallut faire appel à la gendarmerie pour l'expulser de force, et Manuel fut ovationné par la foule en sortant de l'Assemblée.
Il ne fut plus réélu député aux élections suivantes et mourut à Paris le 20 août 1827. Son cortège funèbre fut accompagné par plusieurs dizaines de milliers de personnes. Son collègue député, Auguste de Schonen, lut un discours dont la publication valut des poursuites à l'éditeur et à l'imprimeur.
Il est enterré au cimetière du Père Lachaise avec son ami Béranger (28° division).


Contenu soumis à la GFDL. Source : Article Jacques-Antoine Manuel de Wikipédia en français (auteurs)

 

JACQES ANTNE MANUEL • PHPE RENÉ ESGONNIERE • HENRI AIMÉ PERREAU
Trois bustes accolés à droite.
Signé : E. GATTEAUX .F. au bas.
R/: Dans le champ cerné d'une couronne de chêne : AUX DÉPUTÉS / DU DÉPT DE LA VENDÉE / ÉLUS EN 1818 / LEURS COMMETTANS ET AMIS / 1820.
Graveur : Jacques-Edouard Gatteaux
Bronze 59 mm.
Collignon 293.
(collection J.F. Delénat)


 

J.A. MANUEL DÉPUTÉ DU DÉPT DE LA VENDÉE
Son buste à droite.
Signé : VEYRAT F.
R/: Dans le champ cerné d'une couronne de chêne : VIR PROBUS / BENE DICENDI / PERITUS.
/ MARS 1823 /.

(Un homme de bien qui sait parler)
Graveur : Adrien Hippolyte Veyrat
Bronze 41 mm.
(collection J.F. Delénat)


 

J.A. MANUEL DÉPUTÉ DU DÉPT DE LA VENDÉE
Son buste à droite.
Signé : VEYRAT F.
R/: Circulaire : ÉLU DÉPUTÉ EN 1818 ET 1823.
Dans le champ cerné d'une couronne de chêne :
VIR PROBUS / BENE DICENDI / PERITUS.
/ NÉ A BARCELONNETTE / EN 1775

A l'exergue : MARS 1823.
Graveur : Adrien Hippolyte Veyrat
Bronze 41 mm.
(collection J.F. Delénat)


 

MANUEL
Son buste de trois-quarts à droite.
A l'exergue : MARS 1823.
Signature sous le buste : MOREL F.
Graveur : Eugène Morel
Médaille uniface, bronze 70 mm.
(collection Musée Carnavalet)


 

MANUEL
Son buste de trois-quarts à droite.
Non signé.
Graveur supposé : Eugène Morel
Médaille uniface, cuivre 68 mm.
(collection J.F. Delénat)


 

MANUEL
Médaillon de David d'Angers
Bronze à patine brune de 148 mm.
Cachet du fondeur au dos : Eck et Durand
(exemplaire vendu à Paris - Hôtel Drouot en 2005
par Loïc du Boisbaudry)


 

Expulsion de Manuel de la Chambre des Députés
Expulsion de Manuel de la Chambre des Députés (collection J.F. Delénat)

 

Bibliographie

Jean-Pierre COLLIGNON, La médaille française au XIXe siècle et l'Histoire. Charleville-Mézières, 1989.

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