L'emprunt français de 1915

En 1914, les gouvernements français et allemands pensent que la guerre sera courte et ne prévoient pas le financement et la mobilisation économique nécessaires à une guerre qui dure. Dès 1915, les premiers besoins d'argent apparaissent. Les commandes de matériels de guerre imposent un effort industriel sans précédent, or l'appareil productif français est concentré dans les régions du nord et de l'est occupées par l'armée allemande. La restructuration industrielle et la reconstitution des réserves de matières premières nécessitent des investissements importants et l'accroissement des importations.

Confronté à l'épuisement des finances publiques et à une inflation croissante, l'Etat cherche à drainer l'épargne des Français. Le premier emprunt dit «de la Défense nationale» est lancé en novembre 1915, trois autres lui succèdent jusqu'en novembre 1918. En 1920, deux nouveaux emprunts sont proposés pour la reconstruction des régions dévastées.

Le message est clair : comme le «poilu» verse son sang, le Français resté à l'arrière doit «verser son or». Ces campagnes sont couronnées de succès puisque les emprunts d'État souscrits par les épargnants ont couvert la moitié des dépenses de guerre.

 

Preuve de versement d'or en échange de billets de banque pour le soutien de la guerre.
"Versement de vingt francs à la Perception de Manosque" (collection J.F. Delénat).

 

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